Axolotl (papier) : le numéro 1

Le 18 septembre 1995 paraissait le numéro 1 de Axolotl. S’y proposaient, entre autres, à lire un texte de Julien Blaine et une amorce de bibliographie à propos de Louve Basse. Suggestion de Jean-Marie Gleize, le texte de Denis Roche choisi pour ce numéro fut : « Paul Klee, ce cancre », initialement paru dans Le nouvel Observateur, en septembre 1985.

Axolotl – Heft 1 – den 18.ten September 1995

Axolotl - Heft 1 - den 18ten September 1995
Axolotl – numéro 1 – 18 septembre 1995

Denis Roche – Bernard Noël : poésie ininterrompue

« l’autre soir pendant que j’étais interviewé par Bernard Noël je l’ai dit il n’y a pas de différence vraiment entre Mallarmé et Sully Prudhomme ni entre Lautréamont et Soupault et tout ça parce qu’on doit penser ça et que tout ce qui précède il faut le voir et le savoir c’est mort sinon on n’est rien soi-même », écrit Denis Roche, dans Louve basse (p. 128).

Une improbable conjugaison nous a réuni en un court laps à la fois les références du dit entretien et sa transcription :

entretien Denis Roche & Bernard Noël

(6 juillet 1975 – émission Poésie ininterrompue sur France Culture)

 

Que toutes celles et ceux qui ont permis cette mise en ligne aujourd’hui, 43 ans jour pour jour après sa diffusion, soient ici remercié-es, et notamment Bernard Noël pour son aval.


Entre Bernard Noël et Denis Roche, les liens, conjonctions et rencontres abondent, anciens et variés. Des textes, des images, des sons en témoignent. Ainsi :

  • Denis Roche : « Antéfixe de Bernard Noël, qui est né dans l’Aubrac & de Colette Deblé, qui est de Coucy-lès-Eppes (novembre 1977) » ; Dépôts de savoir & de technique ; 1980, p. 169-175

  • Bernard Noël : « Abracadavra » [sur « Louve basse »], La Quinzaine littéraire, n° 228, 1er mars 1976, p. 11

  • Bernard Noël : « L’énerlangumène » ; Java, n° 9, « Denis Roche vingt ans plus tard », hiver 1992-1993, p. 48-49

  • Gérald Bloncourt donne à voir dans Land, n° 7, 4e trimestre 1983, p. 16-17 : « Amstramgram », 4 photographies noir & blanc de Bernard Noël, Denis Roche et Claude Royet-Journoud ensemble au jardin du Luxembourg à Paris.

  • Un-e photographe non crédité-e saisit la Rencontre-débat avec Bernard Delvaille, Bernard Noël, Denis Roche, Emmanuel Hocquard 14 juin 1978, in [catalogue] : Arc 1973-1983, Paris, Amis du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, juin 1983, p. 304 [cf. p. 288 du même volume].

  • Dans La photographie est interminable (p. 10-11, 12 et 15), Denis Roche relate les circonstances qui permirent la publication de Notre antéfixe :

« [En 1977], Bernard Noël, vieux comparse des milieux poétiques, qui travaillait chez Flammarion, où il dirigeait la collection «Textes» (une série de littérature contemporaine plutôt pointue), m’avait demandé si je n’avais pas un livre pour lui. […] Or, je travaillais à l’époque à une série de textes expérimentaux, les Dépôts de savoir & de technique, dont la première tranche était achevée. Elle s’intitulait Notre antéfixe. Je la proposai, après quelque hésitation, à Bernard, tout en lui précisant que ça me paraissait bien court pour faire un livre, mais que c’était tout ce que j’avais. Rien d’autre, pas d’inédits, aucun texte en dehors de celui-là. Effectivement, me dit Bernard, ça ne fait pas un livre, essaie d’imaginer quelque chose qui pourrait en augmenter à la fois la matière et le volume, qui le doublerait en somme. Qu’est-ce que ça pourrait être ? […]

C’est alors que j’ai pensé à ces innombrables autoportraits photographiques de Françoise et de moi que j’avais pris, ces dix dernières années (et de manière très régulière à partir de 1971), un peu partout dans le monde […]. Je me suis dit que, puisque le texte proposé à Flammarion faisait quarante pages, j’allais installer, à sa suite, une quarantaine de ces autoportraits. […]

Ce qui reste très évident, c’est que je suis passé à la publication de mes photos à cause d’une obligation de livre qui exigeait que je comble un texte expérimental strictement littéraire. »

  • Les 2 journées consacrées à Denis Roche,  « Denis Roche, énergumène », lors des Rencontres de la photographie à Arles en 2016 ont diffusé une interview de Bernard Noël filmée par Anne-Lise Broyer.

  • Enfin, et pour s’en tenir là, on ne saurait évidemment croire coïncidentiel le sommaire du numéro 2 de la revue Nioques (4e trimestre 1990) :

(p. 9-24) – Bernard Noël : « Détails d’Opalka »

(p. 45-54) – Denis Roche : « Prose pour des essaims »

« Déposition » : entretien avec Jacques Demarcq (Textuerre, novembre 1980)

À l’occasion de la parution, en mars 1980, de Dépôts de savoir & de technique, Denis Roche a accordé plusieurs entretiens, écrits comme oraux. Celui avec Jacques Demarcq, dans Textuerre, :

Denis Roche : déposition (auprès de Jacques Demarcq) (pdf)

(revue Textuerre, n° 25-26, novembre 1980, p. 58-72)

revêt un caractère particulier, en ce sens que les liens entre cette revue et Denis Roche sont étroits : le numéro 3/4 de Textuerre, en mai 1977, était entièrement consacré à Denis Roche. Denis Roche choisit d’ailleurs ce numéro 3/4 pour y publier sa première série de photographies en tant que telles : « Montréal, aéroport. Salle d’embarquement n° 3. Mai 1975 », « Montréal, Foire internationale du livre. Mai 1975 », « Tissamaharana, Sri Lanka, Chambre n° 7. Juillet 1975 » et « Paris, 18 rue Henri Barbusse. Janvier 1977 » s’y donnent en effet à regarder entre les pages 2 et 3.

Vivaces remerciements à Jacques Demarcq qui a bien voulu relire son entretien-ci avec Denis Roche avant sa republication ici – laquelle doit ainsi beaucoup à ses corrections, son attention et son soutien.

 

 

 

 

des mais comme s’il en pleuvait

40 ans après 10 ans après, ce texte rare de Denis Roche semble toujours d’une pertinente impertinente acuité. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant mai 68 ! mai 68 ! mai 68 ! … mais cela n’aboutit à rien :

« Étiez-vous parmi ceux qui avaient défilé avec la CGT en mai 68 ?
Non, je n’ai participé à aucun défilé sauf celui qui a consisté à tourner autour de l’ORTF.

Pourquoi ?
C’était rond. »

aura enchéri Denis Roche dans un entretien avec Alain Pomarède, Le rideau déchiré, publié dans Art présent, n° 8, printemps 1979, et reproduit dans La Disparition des lucioles (DL, 1982, p. 111-122 ; DL, 2016, p. 113-124).

«Mai 68. Jean-Robert [Masson] et moi nous faisons des reportages dans les rues. Ici il m’a photographié ‘en action’»

: p. 72-73, la légende de Légendes de Denis Roche (Gris Banal éditeur, 1981) étançonne, l’action photographiée par Jean-Robert Masson consistant à elle-même photographier.

Reproduit donc d’Art Press de mai 1978,  le texte de

Denis Roche : après mai le déluge

ne pouvait pas ne pas (re)trouver place depuis maintenant. Il s’accompagne de la reproduction de la couverture et du sommaire de ce numéro 18 d’Art Press, tant trop grande hanta la tentation d’enfoncer le clou.